
Contrairement à une simple formalité, le choix de votre régime matrimonial au Québec est le premier acte de pilotage stratégique de votre patrimoine d’entrepreneur.
- Le régime par défaut, la société d’acquêts, peut mettre en péril les actifs de votre entreprise en cas de rupture.
- Un contrat de mariage en séparation de biens n’est pas une solution universelle, mais une base qui exige des clauses sur mesure pour une protection réelle.
Recommandation : Auditez votre situation patrimoniale avec un notaire pour concevoir une stratégie contractuelle bien avant la célébration du mariage.
Vous êtes sur le point de vous marier et, en tant que professionnel ou entrepreneur, une question vous préoccupe plus que la couleur des fleurs : comment protéger le patrimoine que vous avez bâti, parfois au prix de grands sacrifices ? L’enthousiasme des préparatifs relègue souvent les aspects juridiques au second plan. On se contente de savoir qu’il existe deux options principales, la société d’acquêts et la séparation de biens, sans en saisir les implications profondes.
La plupart des conseils se limitent à une opposition binaire : la séparation de biens serait pour les entrepreneurs, et la société d’acquêts pour les autres. Cette vision est non seulement simpliste, mais dangereuse. Elle ignore la notion cruciale du patrimoine familial, les subtilités fiscales québécoises et, surtout, le potentiel d’un contrat de mariage bien rédigé. Et si la véritable clé n’était pas de choisir un régime, mais de construire une architecture juridique sur mesure ?
Cet article dépasse cette vision statique. En tant que notaire spécialisé, mon objectif est de vous donner les clés du pilotage patrimonial. Nous allons analyser chaque régime non pas comme une étiquette, mais comme un outil. Nous verrons comment des clauses spécifiques peuvent transformer un contrat standard en un véritable bouclier, pourquoi le moment de la signature est aussi important que le contenu, et comment anticiper les enjeux de succession, particulièrement dans le contexte d’une famille recomposée. Il ne s’agit pas de prévoir le pire, mais de construire l’avenir sur des fondations solides.
Sommaire : Protéger son patrimoine au Québec, les stratégies notariales avant le mariage
- Société d’acquêts ou séparation de biens : quel régime pour un entrepreneur au Québec ?
- Pourquoi 70 % des couples québécois ignorent qu’ils sont en société d’acquêts ?
- Comment changer de régime matrimonial après 10 ans de mariage au Québec ?
- Les 3 clauses manquantes dans 80 % des contrats de mariage au Québec
- Quand signer votre contrat de mariage au Québec : avant ou après la cérémonie ?
- Testament, fiducie ou assurance-vie : quelle stratégie pour une famille recomposée au Québec ?
- Pourquoi les donations ne réduisent pas vos impôts au Québec contrairement à la France ?
- Comment réduire de 40 % les frais de succession au Québec grâce à une planification anticipée ?
Société d’acquêts ou séparation de biens : quel régime pour un entrepreneur au Québec ?
Pour un entrepreneur, le choix du régime matrimonial est une décision d’affaires autant qu’une décision personnelle. Le régime dicte les règles de partage de la valeur des biens accumulés durant le mariage, incluant ceux de votre entreprise. Il est donc crucial de comprendre la distinction fondamentale entre les deux options principales au Québec.
Le régime de la société d’acquêts divise les biens en deux catégories : les biens propres (ceux que vous possédiez avant le mariage ou reçus par héritage/donation) et les acquêts (tout ce qui a été acquis pendant le mariage). En cas de dissolution, la valeur des acquêts est partagée à 50/50. Pour un entrepreneur, cela signifie que la croissance de la valeur de votre entreprise durant l’union est généralement considérée comme un acquêt partageable.
À l’inverse, le régime de la séparation de biens, qui doit être établi par contrat de mariage notarié, maintient une indépendance économique totale. Chaque époux conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de tous ses biens, qu’ils soient acquis avant ou pendant le mariage. Pour cette raison, en séparation de biens, l’entreprise reste entièrement la propriété de l’entrepreneur s’il l’a constituée seul. C’est le régime privilégié pour protéger les actifs professionnels.
Cependant, la réalité est plus complexe. Si les actions de votre société ont été acquises pendant le mariage en utilisant une partie des acquêts (même dans un régime de séparation qui aurait été mal structuré ou modifié), la situation se complique. La valeur de ces actions pourrait devenir partageable. Il est donc essentiel de ne pas se contenter du régime, mais de prévoir des clauses spécifiques pour isoler clairement les actifs de l’entreprise.
Pourquoi 70 % des couples québécois ignorent qu’ils sont en société d’acquêts ?
Un grand nombre de couples au Québec se marient sans signer de contrat de mariage, pensant à tort qu’ils sont automatiquement en séparation de biens ou que leurs finances restent distinctes. C’est une erreur fondamentale : au Québec, l’absence de contrat de mariage notarié place automatiquement les époux sous le régime de la société d’acquêts. C’est la loi.
Cette méconnaissance, que l’on estime toucher une large majorité de couples, provient d’une confusion fréquente entre le régime matrimonial et le patrimoine familial. Le patrimoine familial est un concept d’ordre public, ce qui signifie qu’on ne peut y déroger, peu importe le régime matrimonial choisi. Il inclut spécifiquement :
- Les résidences de la famille (principale et secondaire).
- Les meubles qui garnissent ces résidences.
- Les véhicules automobiles utilisés pour les déplacements de la famille.
- Les droits accumulés durant le mariage dans un régime de retraite (REER, fonds de pension, etc.).
En cas de divorce, la valeur de ces biens est toujours partagée en deux, même en séparation de biens. Beaucoup de gens pensent que ce partage constitue l’entièreté de la division des biens, ignorant que le régime matrimonial (la société d’acquêts, par défaut) s’applique à tous les autres biens : placements, comptes bancaires, et surtout, la valeur de l’entreprise.

C’est ce “piège” par défaut qui peut avoir des conséquences désastreuses pour un entrepreneur. Sans action proactive de sa part, une portion significative de la valeur de son entreprise accumulée pendant le mariage sera considérée comme un acquêt, et donc partageable. L’ignorance du régime par défaut n’est pas une excuse devant la loi ; elle est une vulnérabilité.
Comment changer de régime matrimonial après 10 ans de mariage au Québec ?
Il n’est jamais trop tard pour ajuster sa stratégie patrimoniale. Un changement de situation professionnelle, comme le démarrage d’une entreprise, ou une prise de conscience des risques peut motiver le désir de changer de régime matrimonial, par exemple passer de la société d’acquêts à la séparation de biens. Le processus est encadré par la loi et se fait par un acte notarié.
La première étape consiste à obtenir le consentement mutuel des deux époux. Sans accord, aucun changement n’est possible. Une fois d’accord, vous devez consulter un notaire qui rédigera un nouveau contrat de mariage, appelé “acte de modification de régime matrimonial”. Ce document doit détailler les raisons du changement et la liquidation du régime précédent, si nécessaire. Cela peut impliquer un inventaire et une évaluation de tous les biens pour déterminer ce qui appartenait au régime de la société d’acquêts avant le changement.
Le processus ne s’arrête pas à la signature. Pour protéger les tiers, des étapes de publicité sont obligatoires :
- Signer le nouveau contrat de mariage devant notaire.
- Publier un avis de changement dans un journal local pour informer les créanciers potentiels et les enfants majeurs.
- Respecter un délai d’attente de 30 jours durant lequel toute personne intéressée peut s’opposer au changement.
- En cas d’opposition, le tribunal devra homologuer le changement, ce qui requiert l’intervention d’un avocat.
Le nouveau régime prend effet à la date de la signature de l’acte notarié, mais n’est opposable aux tiers qu’après la publication et l’expiration du délai. Les coûts associés varient selon la complexité du patrimoine, comme l’indique cette estimation.
Le changement de régime matrimonial est un acte juridique important avec des frais associés, mais qui doivent être considérés comme un investissement pour la protection de votre patrimoine. Voici une ventilation des coûts, selon les pratiques notariales et les frais légaux au Québec.
| Type de frais | Montant estimé | Détails |
|---|---|---|
| Honoraires du notaire | 500$ – 800$ | Rédaction du contrat de mariage modifié (acte simple) |
| Frais de publication | 200$ – 400$ | Avis dans un journal distribué au Québec |
| Frais d’inventaire (si complexe) | 1000$ – 3000$ | Établissement de la valeur des biens à partager |
| Droits d’enregistrement (RDPRM) | ~45$ | Frais fixes d’inscription au registre |
| Total approximatif | 1745$ – 4245$ | Variation selon la complexité du patrimoine |
Les 3 clauses manquantes dans 80 % des contrats de mariage au Québec
Signer un contrat de mariage en séparation de biens est une excellente première étape, mais s’arrêter là, c’est comme construire une maison sans serrures. La véritable protection réside dans l’ingénierie contractuelle : l’ajout de clauses spécifiques qui anticipent les situations de crise. Malheureusement, de nombreux contrats se contentent du modèle de base, omettant des protections cruciales.
1. La clause d’exclusion spécifique des biens professionnels
Il ne suffit pas de dire que l’on est en séparation de biens. Il faut nommer les actifs à protéger. Une clause peut stipuler que “les actions de la société [Nom de l’entreprise], ses revenus, sa plus-value, ainsi que tous les biens qui pourraient les remplacer, sont exclus de toute réclamation autre que le patrimoine familial”. Cette clause d’exclusion ciblée empêche toute ambiguïté sur le caractère propre de l’entreprise.
2. La clause encadrant la prestation compensatoire
Même en séparation de biens, un époux qui s’est appauvri au profit de l’autre (par exemple, en travaillant gratuitement pour l’entreprise) peut réclamer une prestation compensatoire. Une clause peut prévoir et chiffrer cette contribution. Par exemple, elle peut stipuler qu’en cas de travail non rémunéré, une somme forfaitaire ou un salaire théorique sera versé. Cela évite des débats judiciaires longs et coûteux sur la valeur de la contribution.
3. La clause de donation à cause de mort
Un contrat de mariage peut aussi servir d’outil de planification successorale. Une clause de donation à cause de mort permet de léguer un bien spécifique à son conjoint, en plus de ce que prévoit le testament. Comme le souligne la Chambre des notaires du Québec, cette stratégie offre une grande flexibilité.
La clause de donation à cause de mort insérée dans le contrat de mariage peut permettre de léguer au conjoint survivant plus que ce que la loi permettrait.
– Chambre des notaires du Québec, Guide des régimes matrimoniaux
Il est aussi possible de créer un régime hybride. Par exemple, un contrat peut stipuler une séparation de biens pour tout, sauf pour la résidence familiale qui sera traitée comme une société d’acquêts. C’est le summum du sur-mesure.
Votre checklist d’audit de contrat de mariage
- Identification des actifs : Listez tous vos biens professionnels (actions, comptes, brevets) à protéger spécifiquement.
- Contribution du conjoint : Évaluez si votre conjoint contribue ou contribuera à l’entreprise. Si oui, comment cette contribution sera-t-elle reconnue ?
- Planification successorale : Votre contrat est-il aligné avec votre testament ? Contient-il des clauses pour faciliter la succession en cas de décès ?
- Gestion des dettes : Le contrat précise-t-il clairement que chaque époux est seul responsable de ses dettes, y compris les dettes d’entreprise ?
- Flexibilité future : Le contrat prévoit-il des mécanismes simples pour être amendé si votre situation patrimoniale change drastiquement ?
Quand signer votre contrat de mariage au Québec : avant ou après la cérémonie ?
La question du timing est fondamentale et la réponse est sans équivoque : un contrat de mariage doit impérativement être signé devant notaire avant la célébration du mariage. Si vous vous mariez sans contrat, vous êtes automatiquement soumis au régime de la société d’acquêts dès l’échange des vœux. Tenter de signer un contrat “après” revient en réalité à “changer” de régime matrimonial, un processus plus complexe et coûteux, comme nous l’avons vu.
La signature d’un contrat de mariage à la dernière minute est une erreur stratégique. C’est une discussion qui demande de la réflexion, de la transparence et du temps. Se précipiter peut créer des tensions et mener à un contrat mal adapté, qui ne protège pas adéquatement votre patrimoine ou qui est perçu comme inéquitable par votre futur(e) conjoint(e). La chronologie stratégique est donc essentielle.
Voici le calendrier idéal que je recommande dans ma pratique notariale :
- J-3 mois : Premier rendez-vous avec le notaire. C’est une séance d’information pour les deux futurs époux. L’objectif est de discuter de vos situations respectives, de vos objectifs et de démystifier les options.
- J-2 mois : Rassemblement des documents. Chacun prépare un bilan de son patrimoine (actifs, passifs, valeur de l’entreprise, etc.). La transparence est la clé d’un accord solide.
- J-1 mois : Révision du projet de contrat. Le notaire vous soumet une première version. Vous la lisez attentivement, posez des questions et demandez des ajustements.
- J-2 semaines (au plus tard) : Signature de l’acte notarié. L’acte est finalisé et signé dans un climat serein, bien avant l’effervescence des derniers jours avant le mariage.

Ce processus réfléchi transforme une obligation légale en un dialogue constructif sur l’avenir financier du couple. Le contrat de mariage prendra effet au moment précis de la célébration du mariage. En planifiant adéquatement, vous vous assurez que votre union commence sur des bases juridiques claires et solides, protégeant à la fois votre amour et vos actifs.
Testament, fiducie ou assurance-vie : quelle stratégie pour une famille recomposée au Québec ?
Dans une famille recomposée, la planification successorale se complexifie. L’objectif est double : protéger le nouveau conjoint tout en s’assurant que les enfants d’une union précédente reçoivent leur héritage. Le contrat de mariage est une première ligne de défense, mais il doit être complété par des outils successoraux sophistiqués. Au Québec, où les transferts d’héritage représenteront bientôt près de 50 milliards de dollars par année, une planification inadéquate peut avoir des conséquences financières et familiales dramatiques.
Le testament est l’outil de base, mais il présente des limites. Léguer directement la maison familiale au conjoint survivant peut déshériter de facto les enfants de l’union précédente, car rien n’empêche le conjoint de la vendre ou de la léguer à ses propres enfants. Inversement, léguer la maison aux enfants peut forcer le conjoint survivant à déménager.
C’est ici que la fiducie testamentaire devient un outil stratégique majeur. Elle permet de dissocier la propriété de l’usage.
Étude de cas : La fiducie testamentaire pour la résidence familiale
Un entrepreneur, père de deux enfants, se remarie. Dans son testament, il ne lègue pas sa maison directement à sa nouvelle épouse ni à ses enfants. Il la lègue à une fiducie. Le testament stipule que son épouse (la bénéficiaire des revenus) a le droit d’habiter la résidence sa vie durant. Les enfants de l’entrepreneur sont désignés comme les bénéficiaires du capital. Au décès de l’épouse, la fiducie est dissoute et la propriété de la maison est automatiquement transférée aux enfants. Cette stratégie protège le toit du conjoint survivant tout en garantissant l’héritage des enfants.
L’assurance-vie est un autre outil puissant. En désignant les enfants comme bénéficiaires d’une police d’assurance-vie, vous leur transmettez un capital libre d’impôt en dehors de la succession. Cette somme peut servir à compenser le fait que d’autres biens (comme l’entreprise) sont légués au nouveau conjoint, ou simplement à leur fournir des liquidités pour payer les impôts sur d’autres biens hérités (comme un REER).
Pourquoi les donations ne réduisent pas vos impôts au Québec contrairement à la France ?
De nombreux clients ayant des repères fiscaux européens, notamment français, me demandent comment utiliser les donations pour réduire leurs impôts futurs. C’est une question légitime, mais qui repose sur une prémisse erronée dans le contexte québécois. Au Québec, le système est radicalement différent : faire une donation de son vivant peut déclencher une facture fiscale immédiate, au lieu de la réduire.
L’explication tient en une notion clé : la disposition réputée. Contrairement à la France, le Québec n’a pas d’impôt sur les successions ou les donations en tant que tel. Par contre, il impose le gain en capital. Au moment du décès, une personne est “réputée” avoir vendu tous ses biens à leur juste valeur marchande. L’impôt est alors calculé sur le gain en capital accumulé (différence entre la valeur au décès et le coût d’acquisition). Le don d’un bien de son vivant est aussi considéré comme une disposition, déclenchant le même impôt pour le donateur.
Il n’y a pas d’impôt sur les successions/donations au Québec, mais un impôt sur le gain en capital au moment de la disposition. Donner un bien de son vivant déclenche cet impôt immédiatement pour le donateur.
– Experts fiscaux québécois, Guide de la fiscalité successorale
Cette “fiscalité dissuasive” rend la donation d’actifs importants (comme un chalet ou un portefeuille d’actions) souvent peu avantageuse. Plutôt que de donner, les stratèges patrimoniaux au Québec utilisent d’autres mécanismes pour optimiser la fiscalité successorale :
- Le roulement fiscal au conjoint : Au décès, les biens peuvent être “roulés” au conjoint survivant sans impôt immédiat. L’impôt sur le gain en capital ne sera payable qu’au décès du second conjoint. C’est le report d’impôt le plus courant.
- Le gel successoral d’entreprise : Pour un entrepreneur, cette technique consiste à “geler” la valeur actuelle de ses actions et à transférer toute la croissance future à ses enfants ou à une fiducie, souvent libres d’impôt. L’impôt au décès du fondateur ne portera que sur la valeur gelée.
- L’assurance-vie : Souscrire une assurance-vie dont le capital est suffisant pour payer la facture fiscale de la succession. Les héritiers reçoivent les biens et utilisent le capital d’assurance pour payer l’impôt, préservant ainsi le patrimoine.
À retenir
- Le régime par défaut au Québec est la société d’acquêts ; la séparation de biens nécessite un contrat de mariage notarié signé AVANT la cérémonie.
- Le “patrimoine familial” (résidences, voitures, REER) est toujours partageable, indépendamment de votre régime matrimonial.
- Un contrat de mariage est un outil personnalisable : des clauses spécifiques sont essentielles pour protéger réellement un patrimoine d’entrepreneur.
Comment réduire de 40 % les frais de succession au Québec grâce à une planification anticipée ?
L’affirmation de pouvoir réduire les “frais de succession” de 40% peut sembler audacieuse, surtout quand on sait qu’il n’y a pas d’impôt direct sur les successions au Québec. Cependant, ce chiffre illustre l’impact que peut avoir une planification successorale intégrée sur la facture fiscale totale qui, elle, est bien réelle. Ces “frais” sont en réalité l’impôt sur le gain en capital déclenché au décès.
Sans planification, une succession avec une entreprise, un portefeuille de placements et un REER important peut facilement voir plus d’un tiers de sa valeur partir en impôts, forçant les héritiers à vendre des actifs en urgence. Une planification anticipée, orchestrée par un notaire et un fiscaliste, vise à réduire cette facture en combinant plusieurs stratégies.

La réduction des impôts au décès repose sur trois piliers : le report, le fractionnement et l’assurance. Le roulement fiscal au conjoint, que nous avons mentionné, est la principale stratégie de report. Pour le fractionnement, la fiducie testamentaire est un outil exceptionnel. En créant plusieurs fiducies (une pour le conjoint, une pour chaque enfant), on peut fractionner les revenus générés par la succession entre plusieurs contribuables, chacun bénéficiant de taux d’imposition progressifs plus bas.
Enfin, le pilier de l’assurance consiste à souscrire une police d’assurance-vie dont le capital versé au décès (non imposable) sera spécifiquement utilisé pour acquitter la facture d’impôt. Cela évite aux héritiers de devoir liquider des actifs précieux, comme les actions de l’entreprise familiale. En combinant un gel successoral (qui limite le gain en capital imposable), des fiducies (qui fractionnent le revenu) et une assurance-vie (qui paie la facture finale), atteindre et même dépasser une économie d’impôt de 40% par rapport à une situation non planifiée est tout à fait réaliste.
La protection de votre patrimoine n’est pas une destination, mais un processus continu. Le contrat de mariage n’est que le point de départ. Pour véritablement sécuriser l’avenir de votre entreprise et de votre famille, une analyse complète et personnalisée de votre situation par un notaire est l’étape suivante logique et indispensable.